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Byju’s : peut-on croire au miracle pour 2023 ?

Byju's

C’était il y a tout juste un mois. Après plusieurs mois de retard, la licorne EdTech indienne Byju’s publiait enfin ses résultats de l’exercice 2020-2021, très attendus après de multiples scandales et échecs venus entacher l’image de l’entreprise valorisée jusqu’alors 22 milliards de dollars.

Entre abus marketing, licenciements massifs et entrée en Bourse reportée, la ‘décacorne’ annonçait en septembre dernier des pertes records : plus de 573 millions de dollars de pertes, 20 fois plus que sur l’exercice 2019-2020, pour un chiffre d’affaires en légère décroissance.

Une nouvelle qui ne ravit pas spécialement les investisseurs de la firme, dont le dernier tour de table remontait jusqu’à la semaine passée à mars 2022 (800 millions de dollars, dont 400 millions d’apports personnels du fondateur Byju Raveendran). Parmi les grands noms présents au capital de Byju’s : Sofina (dont Byju’s était en 2021 la première participation en portefeuille), Owl Ventures, Tiger Global, Silverlake, Tencent, Sequoia Capital, ou encore Chan Zuckerberg Initiative.

Plus étonnant, QIA (Qatar Investment Authority) rejoignait récemment le capital de Byju’s. C’est d’ailleurs majoritairement auprès du fonds souverain du Qatar que l’entreprise vient tout juste de réaliser un nouveau tour de table de 250 millions de dollars… Sur une valorisation identique à celle de mars 2022. D’après les informations des médias locaux, le fondateur se rapprocherait également d’ADIA (Abu Dhabi Investment Authority, fonds souverain d’Abu Dhabi) afin de compléter cette augmentation de capital par un tour de table de 400 à 600 millions de dollars.

En parallèle de ces nouvelles levées de fonds réalisées sur des valorisations qui semblent défier la raison (rappelons un chiffre d’affaires de quelques centaines de millions de dollars seulement en 2021 pour une valorisation à 22 milliards), Byju’s mène une politique de licenciements massive et de réduction drastique des coûts.

Cet été, la firme annonçait en effet avoir licencié plusieurs centaines de salariés, notamment dans ses filiales WhiteHat JR et Toppr. Le 12 octobre, le Management passe la vitesse supérieure et annonce un plan de licenciement de 5% de ses effectifs, soit environ 2500 salariés. Les coûts marketing devraient également être fortement réduits.

Byju Raveendran annonçait récemment que les résultats de Byju’s sur l’exercice 2021-2022 seraient les plus importants jamais enregistrés par l’entreprise, de l’ordre d’1,4 milliard de dollars (non audité). L’entreprise viserait la rentabilité à moyen terme, en mars prochain, et planifierait même de recruter 10 000 professeurs à travers ses différentes filiales, ainsi que des cadres séniors afin de renforcer sa force opérationnelle.

Toutes ces dynamiques dont témoignent les stratégies mises en place par Byju’s ne sont pas sans rappeler ses velléités boursières, affichées publiquement depuis plus d’un an, et l’apparente recherche de profitabilité :

“This means the capital that we now invest in our business will result in profitable growth and create sustainable social impact. Regardless of the adverse macroeconomic conditions, 2022-23 is set to be our best year in terms of revenue, growth and profitability. Continued support from our esteemed investors re-affirms the impact created by us so far, and validates our path to profitability.”


Byju Raveendran, extrait d’un article de TechCrunch

La situation reste toutefois à suivre de très près pour 2023. Difficile d’imaginer un réel retournement d’un modèle économique à coups de licenciements massifs, de réduction des coûts marketing, et d’augmentations de capital sur des valorisations étonnantes pour une entreprise de services éducatifs en ligne qui, rappelons-le, génère la grande majorité de son chiffre d’affaires grâce à de la vente de matériel et de tablettes.

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